L’IA débarque en classe (et on n’a pas le luxe de l’ignorer)
ChatGPT, Gemini, Mistral, Claude. L’IA est partout. Dans les médias, dans les conversations en salle des profs, dans les outils qui commencent à fleurir sur les forums profs.
La question n’est plus “est-ce que ça va arriver dans l’éducation”. Elle est déjà là. La vraie question, c’est : où on met le curseur ?
Voilà notre position chez La Fabrique des Profs. Tranchée. Discutable. Mais cohérente.
Ce qu’on revendique
L’IA, c’est un assistant de FABRICATION, pas un assistant de DÉCISION
Quand tu utilises Fichotek, Dictalia ou Problemia, l’IA ne décide PAS de ta progression, ne juge PAS du niveau de Thomas, ne te dit PAS quoi enseigner. Elle exécute.
TU décides : “je veux une fiche d’exercices en CM2 sur l’accord du participe passé, niveau moyen, thème le sport”. L’IA fabrique. TU relis, ajustes, gardes ou jettes.
C’est ça, le bon équilibre. La machine fait le travail mécanique de production. L’humain garde le travail réflexif de décision.
L’IA libère du temps pour ce qui compte vraiment
Le métier de prof, ce n’est PAS de fabriquer des fiches. C’est d’observer, accompagner, ajuster, enseigner, encourager. Mais à l’heure actuelle, les profs passent 30 à 40 % de leur temps de prep à fabriquer des supports.
Si on peut récupérer ces heures pour les remettre sur l’observation et l’accompagnement, c’est un GAIN net pour les élèves. C’est exactement ce qu’on cherche à faire avec La Fabrique.
La transparence sur ce qui se passe en coulisses
Tu sais quelle IA est utilisée (Anthropic Claude pour nos outils). Tu sais ce qui est envoyé à l’API (et ce qui ne l’est pas : jamais aucune donnée d’élève nominative). Tu sais que rien ne sert à entraîner le modèle.
Si une plateforme édutech ne te dit pas explicitement quel modèle elle utilise et ce qu’elle envoie à des serveurs tiers, fuis.
Ce qu’on refuse de faire
Pas d’IA qui parle directement aux élèves
Notre conviction profonde : les outils IA ne doivent PAS être en contact direct avec les élèves du primaire. Pour 3 raisons :
- L’erreur factuelle : ces modèles peuvent halluciner. Un élève de 8 ans n’a pas les outils pour repérer qu’une info est fausse.
- La relation pédagogique : le métier de prof est aussi un métier de présence, d’incarnation, de relation. Pas de soutien scolaire automatisé.
- La vie privée : aucune donnée d’enfant envoyée à des modèles d’IA. Point.
C’est pour ça qu’aucun de nos outils n’est destiné à un usage élève direct. Tous nos outils s’utilisent côté prof, pour produire des supports que TU utilises ensuite avec ta classe.
Pas de cours “clés en main”
Tentation classique : “Génère-moi une séquence complète sur la division en CM2”. L’IA peut le faire. Mais une séquence n’a aucune valeur si elle n’est pas pensée pour TES élèves.
Donc on refuse de faire des outils qui produisent du tout-cuit. On fait des outils qui produisent des BRIQUES (une fiche, une dictée, un problème, un rituel) que tu assembles selon ce que tu connais de ta classe.
Pas d’évaluation automatique d’élève
L’IA peut corriger une rédaction. Techniquement, c’est faisable. Mais on refuse de le faire, parce que :
- Tu connais tes élèves. La machine pas.
- Tes corrections sont aussi un mode de communication avec l’élève. Une machine ne peut pas remplacer ça.
- Le risque de biais est réel (un élève dys est traité différemment par un humain bienveillant et par un modèle statistique).
La ligne de crête
Concrètement, voilà comment on tranche les fonctionnalités sur La Fabrique :
C’est une frontière qu’on retravaille en permanence. Mais l’idée directrice reste la même : la machine au service de l’humain qui décide, pas l’inverse.
Et toi, où tu places la ligne ?
Si tu utilises déjà un outil IA dans ta pratique (le nôtre ou un autre), tu as forcément ressenti la même question : “ça, je laisse l’IA faire, mais ça, je veux le garder”. Cette frontière, c’est ton éthique de praticien.
On aimerait t’entendre. Quels usages tu considères acceptables, quels usages tu refuses ? Dis-nous en commentaire.
Pour aller plus loin : Pourquoi La Fabrique passe à un système de rouages et La sortie officielle de La Fabrique des Profs.